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Périnée et course à pied : comment courir sans fuites urinaires ni descentes d’organes ?

Périnée et course à pied : comment courir sans fuites urinaires ni descentes d’organes ?

Périnée et course à pied : comment courir sans fuites urinaires ni descentes d’organes ?

Périnée et course à pied : comprendre les enjeux avant de courir

Le périnée, aussi appelé plancher pelvien, est un ensemble de muscles et de ligaments situé entre le pubis et le coccyx. Il soutient des organes essentiels : vessie, utérus, rectum. Lors de la course à pied, ce périnée est soumis à des pressions importantes, répétées, parfois mal tolérées, surtout chez les femmes.

Lorsque le périnée est fragile, insuffisamment tonique ou au contraire trop tendu, la pratique de la course à pied peut entraîner des fuites urinaires d’effort, une sensation de pesanteur pelvienne, voire favoriser une descente d’organes (prolapsus). Comprendre le lien entre périnée et running est donc essentiel pour continuer à courir sans douleur ni gêne intime.

La bonne nouvelle : dans la plupart des cas, avec des adaptations ciblées et une prise en charge précoce, il est possible de courir sans fuites urinaires et de protéger son périnée durablement.

Pourquoi la course à pied peut fragiliser le périnée ?

Chaque foulée en course à pied génère un impact au sol qui se répercute vers le haut. La colonne, les hanches, les abdominaux… et le périnée amortissent ce choc. Si le plancher pelvien est déjà affaibli (grossesse, accouchements, ménopause, surpoids, constipation chronique, sports à forts impacts), la répétition des impacts peut accentuer ses difficultés à jouer son rôle de soutien.

Plusieurs mécanismes sont en jeu :

Le type de course à pied joue aussi un rôle : running sur bitume, fractionné, sauts, course en descente augmentent davantage les pressions sur le périnée que la marche rapide, le trail doux ou le tapis de course à vitesse modérée.

Fuites urinaires, descente d’organes : quels signes surveiller quand on court ?

Les symptômes liés au périnée ne sont pas toujours spectaculaires. Ils peuvent être discrets, intermittents, et passer inaperçus, surtout si l’on pense que cela est « normal » après une grossesse ou à la ménopause. Voici les signaux d’alerte à prendre au sérieux :

Ces signes peuvent évoquer un périnée fragilisé, une hyperpression abdominale mal gérée, ou le début d’une descente d’organes. Plus le diagnostic est posé tôt, plus la prise en charge est simple et efficace.

Course à pied après grossesse : quand reprendre sans risque pour le périnée ?

Le post-partum est une période clé pour la santé du périnée. La grossesse et l’accouchement ont étiré, comprimé ou parfois traumatisé les structures du plancher pelvien. Reprendre la course à pied trop tôt ou sans rééducation adaptée peut favoriser les fuites urinaires et le prolapsus quelques mois ou années plus tard.

Les recommandations actuelles proposent, de manière générale :

Chaque femme est différente : certaines pourront recourir à 3 mois, d’autres auront besoin de 6 mois ou plus. L’important n’est pas la date précise, mais la sécurité du périnée et l’absence de symptômes.

Peut-on courir avec un périnée fragilisé ou une descente d’organes ?

Courir avec une descente d’organes ou un périnée affaibli n’est pas forcément interdit. En revanche, cela nécessite un avis médical personnalisé, souvent en collaboration avec un gynécologue, un urologue et un professionnel de la rééducation périnéale.

Selon le degré de prolapsus, les symptômes et les objectifs sportifs, différentes stratégies peuvent être proposées :

Dans certains cas avancés, la course à pied peut être déconseillée de manière durable, au profit d’activités plus respectueuses du plancher pelvien. Ce choix se fait au cas par cas, en tenant compte de la qualité de vie, de la douleur, des envies sportives et des alternatives possibles.

Préserver son périnée en course à pied : les principes essentiels

Protéger son périnée en courant repose sur quelques grands principes, applicables que l’on soit débutante ou runneuse expérimentée.

Adopter une respiration qui protège le périnée

Respirer correctement est un élément majeur de la protection du périnée en running. Une mauvaise gestion du souffle augmente la pression dans l’abdomen et pousse sur la vessie et l’utérus.

Les repères utiles :

Cet automatisme, une fois intégré, devient un réflexe protecteur à chaque foulée.

Renforcer le périnée avant d’augmenter le volume de course

Pour éviter les fuites urinaires pendant la course à pied, le renforcement ciblé du périnée est capital. La rééducation ne se limite pas à « serrer » les muscles, mais vise un travail global de tonicité, de coordination et de relâchement.

Les outils possibles :

Renforcer le périnée ne signifie pas le contracter en permanence pendant la course. L’objectif est d’obtenir un plancher pelvien réactif, qui se contracte et se relâche au bon moment, sans crispation.

Travailler le gainage profond, pas seulement les abdos classiques

Un gainage profond bien réalisé soutient le périnée au lieu de le comprimer. À l’inverse, les abdominaux traditionnels mal exécutés (crunchs, relevés de buste rapides, gainage en apnée) augmentent la pression vers le bas.

Pour préserver le périnée, on privilégie :

Cet entraînement global améliore non seulement la protection du périnée, mais aussi la stabilité du tronc, la qualité de la foulée et la performance en course à pied.

Choisir un équipement adapté : chaussures, soutien-gorge, protections

Le matériel ne remplace pas la rééducation, mais il peut participer au confort périnéal en course et limiter certains facteurs aggravants.

Il est également important de porter des vêtements confortables, non compressifs au niveau de l’abdomen, pour laisser le diaphragme et le ventre se mouvoir sans restriction.

Adapter son entraînement pour courir sans fuites urinaires

Reprendre ou poursuivre la course à pied avec un périnée sensible implique parfois de revoir temporairement sa manière de s’entraîner.

Les pistes d’adaptation :

L’objectif n’est pas d’abandonner définitivement la course à pied, mais de donner le temps au périnée de se renforcer et de s’adapter progressivement aux contraintes du running.

Quand consulter un professionnel de santé spécialisé en périnée et course à pied ?

Dès les premiers signes de fuites urinaires ou de pesanteur pelvienne liés à la course, il est recommandé de ne pas attendre. Une prise en charge précoce évite souvent l’aggravation des symptômes.

Il est pertinent de consulter :

Ces professionnels pourront proposer un bilan complet, évaluer la force et la coordination du périnée, identifier les facteurs de risque (constipation, toux chronique, surpoids, activités professionnelles physiques) et construire un plan personnalisé pour vous permettre de courir sans fuites et sans douleur.

Prendre soin de son périnée ne signifie pas renoncer à la course à pied. Il s’agit plutôt d’apprendre à écouter son corps, d’adapter son entraînement et, si besoin, de se faire accompagner pour profiter durablement des bienfaits du running, tout en préservant sa santé pelvienne.

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